Poupougnou's web blog

Potins familiaux, promenades d'ici ou d'ailleurs et petits points...

17 avril 2008

Petite Chronique syrienne..préambule

Avant de commencer ce modeste récit de voyage,abordons les questions qui se posent, nous ont été posées et le seront encore. En vrac:

- Maiiiiiiiiiiis la Syrie c’est une dictature, qui soutient le Hezzbollah.

Réponse: Oui. Sans aucun doute. Et les discussions politiques sont très sensibles. Nous en avons eu une,  avec des Bédouins de la campagne qui avaient de toute évidence un message à faire passer. Voici, en résumé, lequel:

1. Les Israëliens et les Américains sont des criminels (pour les Israëliens, je trouve la position cohérente de la part d’un Syrien, même si elle me parait excessive, pour ce qui est des Américains, ma fois, nous n’avons pu nous empêcher de penser aux mêmes Bédouins, sans doute aussi hospitaliers et fins, à un peu plus d’une centaine de kilomètres du village dans lequel nous nous trouvions, qui ont vu descendre du ciel des tapis de bombes et dont le pays est, pour très longtemps, dévasté à tous points de vue.

2. Le Hezzbolah a bien raison et l’ensemble des terroristes aussi! (NDLR: On est devenus tous bleus….nos hôtes ont certainement senti comme un malaise mais leur objectif étant, comme chez tous les Syriens que nous avons rencontrés, de se montrer le plus agréable possible avec nous, de se mettre en huit pour qu’on se sente bien chez eux en attendant que la maitresse de maison, Si’am, nous apporte le festin prévu, ils sont vite passés à des thèmes plus généraux, voire fédérateur:

3. Les Etats-Unis: Bush est alors qualifié de “kelb”. Poupougnou confirme par un  ” kelb ben kelb”!. Le thème USA se termine par un “Inch’Allah Hillary”. Voici un point de convergence certain. Hommage est rendu à Chirac mais surtout à Mitterrand. Avis plus nuancé sur Sarkoschtroumpf, mais là aussi, convergence sincère. Nous décidons que finalement nos amis Bédouins sont bien gentils de considérer que les Français ne sont pas des Américains au regard des âneries régulièrement diffusées Urbi et Orbi par le noble chef de l’Etat qui est le nôtre.

4.La démocratie..oui…bof. Bien entendu cet avis n’est certainement pas partagé par tout le monde dans le pays, mais il est l’occasion pour nous de nous souvenir - au cas ou nous l’aurions oublié, nous autres occidentaux - que la démocratie libérale est UN modèle possible. Bachar El Hassad règne certainement en despote.

Comme à Cuba, pour assurer la relève au cas où, il a associé son frère au pouvoir - classique - dont voici la représentation officielle: On ne voit jamais ses yeux, à la différence de ceux de Bachar, sans doute pour bien montrer qu’il n’est qu’Herculéen….Tiens…mais ça me rapelle quelqu’un…Les lunettes peut-être? … :) )

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Par ailleurs, c’est ce même régime qui a mené une politique de scolarisation intensive des garçons comme des filles , d’abord au niveau primaire et secondaire, puis dans l’enseignement supérieur. Effet pervers aujourd’hui, les chômeurs surdiplômés sont nombreux (Et ça, c’est jamais confortable pour les régimes despotiques…il y a des précedents fameux, en premier lieu chez nous autres, aux alentour de 1789…c’est une autre histoire certes, mais bon…)

C’est sans doute cette situation qui explique pourquoi nous rencontrons, jusque dans les campagnes, des gens sachant non seulement écrire l’arabe, mais aussi en alphabet latin (phonétiquement bien entendu).

- Maiiiiiiiiiiiiiis les femmes sont voilées.

Réponse: oui aussi. Enfin: l’immense majorité des musulmanes le sont. Et là, tout existe:

- Voile complet avec gants, version Casper le fantôme un jour de blues.

- Voile noir complet mais visage et mains découverts.

- Foulard et long manteau. (fréquent chez les jeunes femmes)

- Foulard et jean moulant/talons aiguilles (Fréquent ches les ados) version “je tortille du croupion dans les souks”.

Voileés, donc, mais quelle ne fût pas notre surprise de les voir, voile en avant, sortir fumer le narguilé le soir entre copines ou boire un thé à la terrasse d’un café (ce qui serait presque impensable en Afrique du nord par exemple). Bref, et c’est le moins qu’on puisse dire :) , l’Islam n’est certainement pas monolithique et il y a peu de ségrégation entre hommes et femmes dans ce pays. Les amoureux se tiennent par la main (chouette, comme ça nous aussi!), bon nombre de femmes apparaitront sur nos photos, et elles ne sont pas en retrait dans les relations aux étrangers.

Enfin, les El Hassad sont des Alaouites ( hybride curieux, rattaché à l’Islam chiite mais mâtiné de christianisme: les alaouites vont en pélerinage à la Mecque mais ne vont pas à la mosquée, ils fêtent Noël et l’Epiphanie et …boivent de l’alcool, ce qui est une bonne idée dans un pays qui produit plusieurs variétés de bières et plusieurs vins que nous avons goûtés bien sûr.) qui contiennent d’une main de fer les islamistes locaux et exogènes.  POur combien de temps ? ……

Mais les autres alors?  C’est à dire les musulmanes peu ou pas observantes, les catholiques, les orthodoxes, les lazaristes,es arméniennes et j’en passe… Et bien elles font ce qu’elles veulent. J’ai vite constaté, en gros, qu’à partir du moment où l’on arbore pas une tenue “barbipouf’”, ce qui n’est ni dans ma culture, ni dans les possibilités dont disposent les femmes raisonnables de mon âge, et bien on fait ce qu’on veut.

Ces considérations terminées, mais ces questions là sont INVARIABLEMENT abordées quant on évoque un voyage en Syrie, et une fois admise l’altérité, parlons un peu des choses sérieuses: à quoi ressemble ce pays délicieux, que nous plaçons certainement dans le tiercé de tête des contrées que nous avons visitées (NDLR: Le Ladakh n’est pas détrôné mais il s’en faut d’un cheveux!).

Nous sommes arrivés tard à Damas, un peu KO mais aprés une douche rapide, nous ne résistons pas à une promenade nocturne. Il fait encore doux - ça ne durera pas - et les rues restent animées. A la recherche d’un petit diner, nous faisons connaissance avec la fameuse soupe de lentilles qui ne nous lâchera plus vraiment jusqu’à la fin du séjour.

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Rappelons que Damas est la plus vieille ville dans le monde à être habitée de manière continue, ce qui promet de sacrés rendez vous et des rendez vous sacrés, comme celui ci:

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L’entrée du souk, marquée par ce qu’il reste du temple de Jupiter…en face, comme les lieux de culte restent les mêmes dans le temps (nous aurons l’occasion d’en reparler), la mosquée des Omeyyades, sans doute la plus extraordinaire que nous ayons jamais vue (quoique je garde un pincement au coeur en pensant à la mosquée bleue pour ce qui est de la salle de prière mais bon, chacun son sale goût).

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Et bien là, le 9 avril vers 22 heures, et au risque de sembler ridicule, j’ai fondu en larmes, saisie par l’éternité du lieu avec une sensation plus forte que jamais d’être humaine. On est à la limite de l’expérience mystique et encore, vous ne savez pas tout sur ce lieu précis qu’il faudra vous raconter bien davantage…une prochaine fois sans doute car pour l’heure, Damas est loin et les hommes, partis pour une pêche au calemar que je devine dantesque du côté du Mourey Rouge, vont rentrer en découvrant tout à coup qu’ils sont morts de faim.

Fin de l’expérience mystique.

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Damas 3

Dimanche 10 février, Damas est sous le soleil, il fait encore doux.

Je tiens absolument à profiter de ce voyage pour assister à une messe selon les rites orientaux. Aprés tout, nous sommes ici à la source. Notre première “grande excursion” dans la ville nous a donc menés dans le quartier chrétien, tout près du souk.

Première èglise: rite inconnu, difficile à identifier. Chrétien, sûr, mais de quelle obédience? Pas orthodoxe car la messe est en arabe (et le patriarcat orthodoxe tient à ce qu’elle soit dite en grec sauf changement très récent), pas catholique non plus ( signe de croix compliqué et curieux). Faute de trouver l’édifice sur notre plan (les Syriens, nous l’avons dit, ne sont pas des phoenix de la carte) nous repartirons idiots pour continuer notre quête.

Nous passons devant chez les orthodoxes, pour arriver chez les grecs catholiques. La pape est venu par là avant nous, comme indiqué sur une plaque vissée en façade, nous sommes sur une bonne piste… Pas de photographie de l’intérieur, bien entendu, mais une ambiance inattendue: Des îcones (chez les catholiques…à moins que, comme nous l’avons vu à Istanbul, l’église ne serve à différentes confessions) , une messe en arabe avec deux officiants, le prêtre et un préposé aux chants. Les airs qui s’élèvent sous la voûte ressemblent à s’y méprendre à ceux qui nous parviennent des mosquées voisines lors des appels à la prière…Tout ceci me laisse un sentiment d’amertume, je pense en effet aux tensions qui animent - pas ici mais en bien d’autres lieux - les communautés musulmanes et chrétiennes et , comme aime à le conclure Poupougnou “Quand on va arriver là haut et qu’on va se rendre compte que le vieux barbu, c’est le même pour tout le monde, on va avoir l’air malin!”.

L’Eucharistie est précédée du toucher d’un livre - ou d’une icône, nous sommes trop loin pour bien nous rendre compte - . Il aurait fallu prendre le temps d’approfondir tout cela mais je ne souhaite pas barber les gens en leur posant des questions sans doute idiotes dans une langue qu’ils ne comprennent pas ou un mauvais anglais. Et puis tout celà pourrait nous entraîner dans des querelles byzantines…..:)

                          En direction du quartier chrétien…Une rue du souk en cours de rénovation.

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La citerne:

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                                 Quelques portes (d’ailleurs je pense qu’il faudra faire un billet “spécial portes” car Poupougnou s’est lâché sur ce thème…et puis les portes syriennes s’ouvrent si vite et si souvent qu’il serait bien dommage de ne pas s’y attarder. Celles-ci sont à tendance “monumentales” nous en verrons de bien plus modestes mais tout aussi plaisantes.)

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Et une fenêtre..tiens, avec une tête connue! :)

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              Zénobie va maintenant consacrer la fin de son aprés midi à tenter de maîtriser le diaporama (elle a vu ça sur le blog d’une belle soeur et en a pris plein la vue) pour pouvoir faire sa maligne.

                                 

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Damas

Dans le fond, je ne suis pas certaine que le diaporama mette véritablement en valeur les photos du Poupougnou….Et puis ça va vite, a-t-on vraiment le temps de regarder.?..Pas convaincue , je décide donc de présenter quelques images choisies.

Alors pour la petite - et même grande! - Histoire, là où se trouve cette merveilleuse mosquée se sont succédés:

- Un lieu de culte au dieu sémitique de l’orage

- Le temple romain de Jupiter

- Une église - d’où les fonts baptismaux -

- La mosquée.

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Et que font des mosaïques byzantines dans une mosquée, à Damas? Ben pas bêtes les Omeyyades, ils sont allés demander à ceux qui savaient, à l’époque, faire de la mosaïque genre “plein la vue” (un peu comme le diaporama de ma belle-soeur), c’est à dire les p’tits gars de Byzance. Et ça donne ça, au dessus, et il y en a des dizaines de mètres carrés. Et c’est beau à pleurer (encore!).

bassin-des-ablutions-2.1203962505.jpg             Bassin des ablutions

grande-cour.1203962461.jpg La Grande cour et la coupole des horloges

                               grande-cour-2.1203962543.jpg  Style clairement Topkapi…tiens, ça me donne des envies de Bosphore…

Aprés la visite de la Mosquée, break dans le quartier, nous nous jetons dans le premier bistrot venu, et alors là, top surprise, bar à thé, avec fumeurs de narguilé et conteur. Et qu’on ne se méprenne pas, ça n’est pas un truc à touristes, pour une raison bien simple, c’est qu’en Février, des touristes en Syrie, il n’y en a pas! (Nous aurons croisé en tout et pour tout 3 autocars de toutous et trois ou quatre couples voyageant en solo..pas la congestion donc!)

                                                                           

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Pour qui comprend l’arabe, l’histoire semble captivante mais le fun est ailleurs: à deux ou trois reprises, le portable du conteur sonne, il plonge alors le nez dans le livre pour répondre. Bien entendu, on fait les dialogues ” Mais puisque je t’ai dit que je prendrai le pain en rentrant….” “…mais enfin Ginette, tu sais bien que je suis au boulot” etc…etc…Le thé est brûlant. C’est bon . La fumée nous enveloppe. Chez nous, ça, c’est interdit, ça nous paraît, d’ailleurs, presque incroyable. Ben si.

Bien que ne fumant plus ni l’un ni l’autre depuis des années, nous ne résisterons pas, avant notre retour en France,  à la curiosité :  un narguilé de tabac aux pommes (on avait le choix entre pomme et un parfum “ouachkoun”, on a pris pomme. )

Le reste de la soirée se dilue dans les rues de la ville toujours animées, où tombent doucement le froid et la nuit , et dans un délicieux palais damascène devenu restaurant (Al  Jabril pour ceux qui ont l’occasion de passer par là bas, goûter, au dessert, à la crème d’amande. Aprés ça, on peut mourir.)

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Et vous? Etes vous plutôt Damas le jour ou Damas la nuit?

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Zénobie à Palmyre :)

Sans commentaires, tout le monde la connait….Au cas où, quand même: on se situe là dans l’empire romain, au IIIème siècle, Zénobie, reine arabe d’une riche cité sur la route de la soie, décide de tenir la dragée haute à Aurélien, conquiert l’Egypte et l’Asie mineure mais bon….ça ne marche pas exactement comme elle voudrait c’est pourquoi, aprés avoir été contrainte à la reddition, elle tente de s’enfuir (chez les Perses) mais est capturée en traversant l’Euphrate. Aprés on ne sait plus trop, les uns disent qu’elle a été tuée, d’autres lui voient une fin plus rose: elle aurait épousé un sénateur et terminé ses jours paisiblement à Rome.

Quoi qu’il en soit, vive zénobie qui nous a laissé l’un des plus beau sites romain, dominé par un chateau arabe qui lui aussi vaut la ballade, ne serait-ce que pour le coup d’oeil sur Palmyre.

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                             La petite ville de Pamyre aujourd’hui: On y vend des dates, des kebabs, et on y attend le touriste, bien rare comme en attestent les photos. Je le déplore pour l’économie du pays et les Syriens, mais c’est très égoïstemnt que nous avons profité de l’antique cité POUR NOUS TOUS SEULS !    

                                          

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                  Bon, je file m’occuper car je ne vais pas tarder à avoir le blues….:))

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Sur la route de Deir-El-Zor

Tout le monde nous avait dit de ne pas aller à Deir El Zor, sauf si nous avions l’intention de prolonger jusqu’à Mari et Doura Europos, ce qui n’était pas le cas, fautre de temps. Celà dit, je voulais aller à Deir El Zor car j’avais un projet secret: descendre le plus en aval possible de l’Euphrate pour, le surlendemain, profiter pleinement de la route qui longe la vallée.

Donc, têtue, je suis allée à Deir El zor, et j’ai rudement bien fait.

D’abord parcequ’il y a plein de jolies choses à voir sur la route de Deir El Zor comme par exemple ça:

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Ancien (très ancien!) pavillon de chasse typique de ceux que faisaient construire les Omeyyades, qui, lorsqu’ils se lassaient de la ville, retournaient faire un tour dans le désert.

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Bien entendu nous avons trouvé porte close…mais croire qu’elle le restât serait faire injure à l’inimitable organisation bédouine: Nous tourniions autour du fort depuis quelques minutes (seule option raisonnable) lorsque deux bédouins, dans un camion remorque, surgis de nulle part, nous approchèrent gentiment pour nous faire payer nos tickets et…. nous ouvrir ladite porte! On l’a dit, les portes en Syrie ne restent jamais fermées bien longtemps et nous aurons d’autres occasion d’assister à la naissance de générations spontanées de Bédouins.

Et puis, sur la route de Deir El Zor, il y a la maison de Siiam (transcription phonétique hasardeuse) qui nous a régalé d’un magnifique repas…Alors, en effet, que nous avisions une micro épicerie dans un micro patelin, dans l’espoir d’y trouver un truc à grignoter et une bouteille d’eau, nous avons été invités à boire le thé et à déjeuner dans cette famille, qui d’ailleurs aurait bien voulu nous garder quelques jours! Et puis ils avaient un argument de poids: a Deir El Zor, il n’y a RIEN, autant se reposer au moins une nuit chez eux:)!

                                  d2c_3314.1204233419.jpg  (Moi je prends le p’tit jeune à droite de poupougnou….plutôt la cuisse, c’est ce que je préfère… :) ) Quand je vous dit qu’on a bien fait de pousser jusqu’à Deir El Zor!)

Sans compter qu’à deir El Zor, il y a LE-PONT-SUR-L’EUPHRATE construit pas la France en 1920! Cocorico!!! ….Et pour lequel la Syrie reste à jamais reconnaissante - enfin, surtout les gens de Deir El Zor - comme nous l’a chaleureusement rappelé un papi croisé par là bas. Nous avons donc honteusement - car sans effort - glâné les fruits d’une amitié franco-syrienne bâtie à la sueur du front de nos ancêtres.  Voici donc: LE PONT

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Conclusion: Malgré une nuit de cauchemar ( kelbs hurlants, combats de chats, coq et muezzin au petit matin), nous sommes bien contents d’être allés à Deir El Zor et je ne manquerait pas de refaire le crochet la prochaine fois..surtout que, le lendemain, dans la vallée, on a encore vu plein de belles choses….

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Vallee de l'Euphrate (suite)

Bon, moi, un de mes trucs favoris en voyage, c’est le paysage agraire. Alors, bien entendu, la vallée de l’Euphrate, j’en rêvais. A cette saison, les champs ne sont pas en culture et on y laisse pâturer le bétail, moutons pour l’essentiel, mais devant bien des maisons, dans les villages, deux vaches (oui, elles vont par deux, c’est comme ça du côté de Deir El Zor…).

Les campagnes semblent confortables, les champs sont vastes, le cheptel abondant, les maisons paraissent spatieuses et bien équipées (une machine à laver le linge, curieusement cylindrique, sur la quasi totalité des terrasses).

                                         La réalité est, encore une fois, à la hauteur du rêve.

                                           

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Le site de Halabié, auquel fait face, sur l’autre rive, celui de Zénobié, fortifications destinées à contrôler tout ce qui circulait sur le fleuve.

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Passage du pont flottant, que nous avons cherché longtemps, sans certitude de le trouver car il n’est pas tout le temps en place. Enfin, ce fût l’occasion de nous perdre dans les campagnes et les bleds, mon activité favorite en voyage.

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                                               La nuit tombe sur le fleuve.

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Vallée de l'Euphrate

De Deir el Zor à Alep, nous suivons la vallée de l’Euphrate. Déjeuner fameux à El Raqqa dans un restaurant aux larges baies à travers lesquelles nous regardons couler le fleuve éternel.

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Visite de Sergiopolis, ville de Serge, martyr chrétien qui a joué de malchance: il est mort lors de la dernière grande persécution en 305…et le christianisme était autorisé dans l’empire romain en 313! Enfin bon, il a gagné la construction d’une extraordinaire citadelle byzantine consacrée à sa mémoire. Encore une fois, nous sommes seuls sur les lieux - du crime en l’occurrence -au beau milieu du désert, sous un ciel mi-orage, mi-soleil, je laisse au lecteur le soin d’imaginer le plaisir de l’instant.

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De Sergiopolis à Alep, nous vivons ce qui restera sans doute nos plus grandes heures automobiles avec un parcours de nuit, sur autoroute pourtant, mais quelle autoroute. Y circulent, pas forcément succéssivement:

- Piètons.

- Tracteurs à double sens (pour éviter de “faire tout’l'tour”!)

- Camions, triporteurs, moto, mobylettes et vélos sans lumières

- Fox à poils durs et autres kelbs locaux

Et le tout sous une pluie battante.

                  Pour la première fois de ma vie, j’ai peur en voiture…pas pour moi, tout ce monde là roule lentement, au pire, on froisse de la tôle, mais pour les autres, ceux qui n’ont ni lumière ni carrosserie et que nous pourrions renverser au mieux, écraser au pire.

NB: Pendant tout notre séjour, nous ne verrons JAMAIS de vélo éclairé. Or, j’ai tendance à penser que des types qui ont été capables d’inventer l’écriture, l’irrigation, les villes et de construire la mosquée des Omeyyaddes doivent savoir se servir d’une dynamo. Bon sang!, amis syriens, pensez aux nerfs des touristes occidentaux qui, sur leurs autoroutes, n’ont habituellement que deux choses à faire: rester reveiller et tenir le volant.

Nous faisons une arrivée légendaire dans Alep:

- Il pleut toujours à torrent et il fait encore plus nuit: impossible de lire une quelconque plaque de rue.

- Vers 20 heures, en Syrie, c’est l’heure de pointe, et l’heure de pointe, à Alep, c’est un truc dont on n’a pas idée au nord de la Méditerranée. (Au sud non plus d’ailleurs, même Le Caire, ou Nairobi, à côté de ça c’est discipliné comme le défilé de la Légion au 14 juillet et je sais de quoi je parle !)

- Nous sommes perdus: notre hôtel est situé dans le quartier arménien, espèce de labyrinthe semi piétonnier, le reste est à sens unique..de toute façon nous ne trouvons pas le quartier arménien.

- Nous crevons. Le pompon.

- Nous découvrons que dans notre superbe auto de loc., nous ne disposons pas des outils appropriés.

     Yeeeeeeeeeeeeeeeesssssssssssssssssssssssss!!!!!

Dans n’importe quel pays du monde, notamment le nôtre, une situation pareille conduit directement les personnages de l’histoire à éprouver un sentiment de mort imminente.

Seulement voilà, nous sommes en Syrie. Donc:

- On téléphone à l’hôtel qui nous envoie un gentil Kurde pour nous ramener à bon port

                                      et en attendant….

- Deux Syriens - dont un à turban blanc très impressionnant - prennent la situation en main, vont chercher les outils adéquats et ne nous abandonnent qu’une fois le problème réglé.

Vers 22 heures nous buvons enfin un thé chaud dans les salons d’un hôtel féerique: encore un ancien palais restauré en “maison de charme” (Tourath House, allez-y, allez-y! Hors saison ça ne coûte pas très cher).

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Maisons d'Alep

Comme Damas, Alep fait partie du patrimoine mondial. Je suis émue à l’idée que, du coup, Alep soit un peu aussi “à moi”.

Nous avons fait beaucoup de photos dans cette ville curieusement animée: Les Alepins se promènent en couple ou en famille très tard le soir alors qu’il fait un froid de loup!

Ce soir, thème “les maisons anciennes”, restaurées peu à peu.

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Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa…..Alep….(zénobie laisse échapper un  très gros soupir car si elle a la chance d’habiter dans une région formidable, l’Orient, c’est quand même autre chose… )

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Saint Siméon le Stylite et autres Syriens amusants

La région située au nord d’Alep est sans doute, avec la vallée de l’Euphrate, l’endroit qui nous a le plus émus. Paysages bibliques, soleil ce jour là radieux avec, du haut des collines, une vue à 180 degré des sommets turcs jusqu’aux monts du Liban, couverts de neige….

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De temps à autre, là, comme ça, au détour du sentier, on croise une église byzantine…

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Ou une famille druze en pique-nique (c’est vendredi) déterminée à  nous nourrir convenablement

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Au menu: Pizzas aux épices, fruits secs, graines de tournesol (moi, que ce soit à Mouans Sartoux ou au Proche Orient, c’est très clair, les graines de tournesol, ça m’énerve et je trouve que c’est pas bon…voila…j’l'ai dit!) et une infusion en provenance d’Argentine supposée, nous dira t-on, soigner les calculs rénaux…on aura beau expliquer que nous, tout va bien de ce côté là, il faudra bien y passer….ambiance scène de la cuisine dans “Les tontons flingueurs”…souvenez vous:

               “- Il a goût de pommes….!

               - Y’en a. “

Le truc est à tomber raide. J’en ai eu deux tasses.

En plus, nous avions déja déjeuné …Mais ça, on peut toujours le brâmer en ouzbek, le Syrien s’en tape: l’étranger DOIT être nourri.

La virée dans le secteur reste marquée par une des merveilles dont seuls les hommes sont capables, quoi que l’on pense de l’organisation sociale des termitières: La basilique de Saint Siméon le Stylite.

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L’histoire: Au début du IVème siècle, Siméon, modeste moine syrien, inaugure une nouvelle forme de pénitence: vivre au sommet d’une colonne - dont on voit le socle au centre de l’image - qui, au fil des ans, prend de plus en plus de hauteur afin de se rapprocher le plus possible des cieux….Impressionnés, de nombreux ascètes chrétiens l’imitent, de Constantinople aux campagnes syriennes.

On les vénère, on les nourrit, Siméon pour sa part causait volontiers avec les pélerins le matin et le soir (quand même, on peut être stylite sans se comporter comme un sauvage!) et l’histoire raconte que l’on a vu des stylites s’insulter du haut de leurs colonnes, bien entendu à propos de la nature du Christ. Plus tard fut édifié ce sanctuaire à sa mémoire, pour notre plus grand plaisir.

Nous y avons rencontré une marocaine et une canadienne qui voyageaient en Syrie pour monter un projet de jumelage scolaire entre leur établissement et un lycée syrien afin de mieux faire connaitre le monde arabe et d’en finir avec les préjugés….( Ben mes cocottes, y’a du boulot: Pas plus tard qu’il y a deux semaines, dans le mien de lycée, alors que nous évoquions un gamin qui avait pompé pendant une interro, un collègue me glisse, d’un air entendu “mais tu sais, c’est un Libanais, c’est bien dans leur esprit”. Et bien moi, je déclare urbi et orbi que je ne suis pas libanaise, j’ai au moins quatre ascendants bien franchouillards, et J’AI POMPE UN NOMBRE INCALCULABLE DE FOIS EN CLASSE!! voila. C’est comme les graines de tournesol, j’l'ai dit, mais il faut savoir sacrifier jusqu’à sa réputation pour les grandes causes. Le seul truc c’est que moi, je ne me suis jamais faite piquer! )

Bon… euh …les stylites, donc. Le truc amusant c’est que le stylisme n’est qu’une forme parmi d’autres d’ascèse et les campagnes syriennes grouillaient jadis de chrètiens fervents qui ne savaient quoi inventer pour faire subir d’atroces souffrances à leur corps honni.

C’est ainsi que l’on a vu des “brouteurs” ( la première qui rigole…. ) qui ne se nourrissaient que d’herbes sauvages mangées à même le sol, des “dendrites” qui vivaient dans un arbre creux, d’autres qui s’enfermaient au fond d’un puits ou d’une citerne ….Simon d’Ephèse remporte la palme: Pour montrer qu’il avait réussi à domestiquer son corps, il entra un jour tout nu dans les bains publics réservés aux femmes!

Enfin, et pour en finir avec cette étape là de notre voyage, la cerise sur le gâteau: nous nous promenons dans un village pour voir une dernière petite basilique byzantine lorsqu’une nuée de schtroumpfs se jette sur moi pour me vendre….des broderies! En fait, dans ce village, vit une dame brodeuse qui fait commerce de ses oeuvres, du coup, tout le monde s’y met, avec plus ou moins de bonheur, des petits aux plus grands et ça donne ça:

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L’oeil averti observera que l’une des serviettes n’est pas terminée….Je m’y mettrai un de ces jours …ce sera peut être la première broderie oecuménique de l’Histoire.

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Posté par ZDPM à 20:48 - Voyage en Syrie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Seleucos Nicator

Pour des raisons familiales, je tiens à conserver l’ordre des promenades syriennes..or, bien avant le krak, nous sommes passés à Lattaquié (Un port de méditerranée comme d’autres, pour nous, méditerranéens aussi, pas le plus exotique…on a au moins appris au bistrot du coin que la tapenade syrienne est aussi bonne que la nôtre) via Apamée…Encore une fois pour nous deux, juste nous deux ..sauf quelques moutons et trois bédouins…

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En fait, à peu près tout le monde est passé à Apamée: Les Hittites, les Perses,  Alexandre …Mais surtout l’un de ses généraux, Séleucos Nicator (dont on a jamais pu démontrer une quelconque parenté avec les ascètes brouteurs…pouf pouf…) qui fonda la cité.

                                                      

On voit, à l’arrière plan, la bourgade première et ci-dessous ce qu’il reste de la puissante cité bâtie par S.N. , 500 000 habitants sans doute, à l”heure ou Lutèce devait avoir un rayonnement à peu près équivalent à celui de Mouans Sartoux .

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Dans la petite ville moderne d’Afamya, nous avons semé une joyeuse panique en nous installant dans un restaurant qui, de toute évidence, n’avait vu de client depuis des lustres…mais comme il ne peut être dit que l’étranger repartira l’estomac vide, le patron, moyennant un peu plus de temps qu’à l’accoutumée, a réussi à nous servir un festin digne des Séleucides, à base de Kebab, de salades, de falafels, de patisseries , de fruits et de galettes. Nous sommes sortis de là en rampant et, une fois encore, le destin alimentaire s’est acharné sur nous….

En effet, notre prochaine étape doit être Qalaat Salah Ad Din….la supposée forteresse de Saladin ( vaste blague, car en réalité elle était à nous aut’ les croisés, mais le Kurde nous l’a piquée! )

                               Bon, mais malgré tout, pour mon p’tit loup, je glisse son portrait …

Pour y parvenir, à vol d’oiseau, une cinquantaine de kilomètres, mais un petit massif montagneux à traverser, très paumatoire et avec un brouillard comme on en voit peu. Aprés une éternité automobile, nous parvenons au pied de la forteresse fermée…mais où pique-nique une famille syrienne et hop…..à peine nos falafels de midi oubliés….alors que nous rasons timidement les murs pour échapper au pire, le père envoie les deux filles vers nous avec deux gobelets de thé…on est cuits, on ne peut pas boire le truc, balancer les gobelets dans les douves et se tailler…donc on va causer un brin….mais vous mangerez bien un petit quelque chose ma brave dame…et comme c’est plutôt l’heure du goûter, nous avons des morceaux de nougat au sésame (pas mal du tout) accompagnés d’un amalgame de trucs inconnus soudés entre eux par du sucre et colorés en rose…plus discutable, mais en grande quantité. Taux de glycémie dans la stratosphère, sensation de mort imminente :) .

Posté par ZDPM à 20:43 - Voyage en Syrie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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